Lors des ateliers d’écriture que nous proposons,

les mouvements de la gymnastique holistique

s’offrent pour dire le subtil, le délicat ;

pour exprimer ce que le corps sait déjà.

Des choses parfois impossibles à exprimer de vive voix.

La rencontre de la gymnastique holistique avec l’écriture compte sur l’imaginaire.

Un temps particulier où le corps s’équilibre sur la pointe des mots…

 

Quelques extraits de textes élaborés par les participants à partir de consignes

d’écriture précises et dans un temps limité (stage d’août 2016) :

 

Extrait n°1 :

« … Dans mon épaule,

il y a des os,

il y a des muscles,

il y a des tendons,

il y a des veines,

il y a des vaisseaux,

il y a de l’électricité, parfois des éclairs.

Il y a du sang, parfois des larmes,

il y a de la plume,

il y a du plomb,

il y a de la force, parfois du découragement.

Il y a du mouvement, parfois du renoncement.

Il y a parfois des plis,

il y a des vagues,

il y a du chaud, parfois du froid.

Il y a la pluie et le beau temps. Les arbres et l’herbe verte qui me collent aux

omoplates, ces jours au bord de la rivière, où je rêve de poissons rouges… » JF.

 

Extrait n°2 :

« … Dans mon épaule, parfois le soleil se couche.

Parfois le soleil s’épanche.

Parfois le froid me saisit.

Parfois il fait  froid on l’a dit déjà.

Parfois on regarde, on garde, on s’embrigade.

Parfois on s’embourbe comme dans une baignoire.

Parfois on se libère, on en est bouche bée…

Parfois c’est mieux, sous la porte un rayon de lune rouge cerise s’immisce et se glisse

pour annoncer un arc en ciel… »  D.

 

Extrait n°3 :

 » … Alors, j’attache ma ceinture. Aussitôt mon GPS se met en route et me susurre

à l’oreille, d’une voix douce et sensuelle :

mon cher ami, et néanmoins conducteur de votre vie,

vous avez deux minutes pour conclure !

N’ayant peur de rien, je me retourne et dit mes dernières volontés :

fermer un manubrium tout en me caressant les acromions,

laissant Téres Minor opiner  du chef…  »  D.

 

Extrait n°4 :

« … Je m’occupe, tu t’occupes, il s’occupe, nous nous occupons, vous vous occupez,

ils s’occupent de leurs mouvements d’épaule, sans relever les épaulettes

et les lorgnettes, en abattant leurs claquettes qui attachent le regard.

Il y a parfois une fin, parfois il n’y a pas de fin de ligne, rien n’est écrit d’avance

et tout reste en balance.

C’est une question d’équilibre. Instable. Évidemment…  » G.

 

Extrait n°5 :

« … Le corps donne tout le temps,

l’instant d’après n’est jamais le même que l’instant d’avant.

Oubliée la brique, l’état de tige, la cécité, la pesanteur.

Le regard bloqué sur la continuité de la ligne d’horizon.

Visser, dévisser, fermer, ouvrir en pointillés avec légèreté,

libérez la spirale qui est en vous !… » JF

 

Extrait n°6 :

« … Un silence  plein une scène dansée. Lombaires sereines, bassin lunaire.

Ô Téres Minor, la peur m’ignore. Devant cette vaste étendue d’eau salée,

quelle latitude d’action, de réactions, de frustration, de gnons, de grognons ?… » D.

 

Extrait n°7 :

« … Elle est là, l’articulation scapulaire. Elle nous suspend, nous surprend. Elle nous

apprend sur elle, sur nous : le corps donne tout le temps ! Mais qu’est-ce qu’elle peut

être tyrannique ! Énervante ! On lui donnerait des coups de poing parfois,

comme dans un punching-ball,  jusqu’à arriver à poser un regard léger

sur la continuité de la ligne d’horizon… » G.

 

Extrait n°8 :

« … J’ai toujours envié le pied qui marche, touche le sol avec la douceur de l’herbe

ou la surprise du caillou. Je n’envie pas trop le bassin qui porte et supporte et souffre

souvent. Le boulot des ischions est plutôt sympa ; c’est là où l’on s’assied et si on le

traite bien il devient l’endroit agréable ce petit pic où tout s’ordonne dans le confort…

(Sauf quand tout à coup il faut supporter une de ces terribles petites balles bleues

qui vous mettent tout de « traviole »)… Mais revenons à nos osselets. J’adore

l’omoplate. Sa jolie forme triangulaire, son rôle d’ascenseur qui monte

et qui descend, qui vous transforme un bonhomme en Sémaphore !…  » JF